Une activité de médiation à son plus haut niveau
Le Médiateur des entreprises a présenté, début avril 2026, le bilan de son activité pour l’année 2025. Avec 2 101 demandes de médiation enregistrées, soit une progression de 10,5 % par rapport à 2024, l’institution placée auprès du ministère de l’Économie atteint son plus haut niveau d’activité hors période de crise sanitaire. Le taux de succès des médiations conduites se maintient à 70 %, confirmant l’efficacité de ce mode de résolution amiable, gratuit et confidentiel des différends entre entreprises, ainsi qu’entre entreprises et administrations.
Cette progression traduit, selon l’institution, des tensions économiques persistantes mais aussi un ancrage croissant de la médiation comme réflexe de résolution des litiges. Les conditions de paiement demeurent le premier motif de saisine, représentant 27 % des médiations en 2025, ce qui confirme que les tensions de trésorerie restent un point de fragilité majeur pour de nombreuses structures. La part des litiges portant sur des différends avec l’administration, hors marchés publics, ou sur des situations hors cadre contractuel a quant à elle fortement progressé, passant de 7 % à 12 % du total des saisines. Le secteur des services concentre la majorité des litiges, avec 58,4 % des saisines, devant l’industrie (19 %) et le commerce (15 %).
Un recours croissant des plus petites structures
Les entreprises de moins de 25 salariés représentent désormais 80 % des saisines, soit une progression de 7 points par rapport à 2024. Les entreprises unipersonnelles connaissent une hausse encore plus marquée, leur part passant de 29,1 % à 37,4 % des demandes. Cette évolution est interprétée par l’institution comme l’un des marqueurs les plus nets de la diffusion progressive de la culture de la médiation au sein du tissu entrepreneurial, en particulier auprès des structures les moins dotées en ressources juridiques internes pour faire face à des différends commerciaux.
Une stratégie de proximité renforcée
Pour accompagner cette dynamique, le Médiateur des entreprises a renforcé en 2025 sa stratégie de présence territoriale, avec vingt-cinq déplacements organisés dans le cadre d’un tour de France des médiateurs, destinés à mieux faire connaître les dispositifs d’accompagnement existants. L’institution s’est également associée à l’élaboration de la Charte de confiance, signée par plus de trente-cinq acteurs publics, privés et associatifs, qui vise à développer une logique d’anticipation des difficultés des entreprises plutôt qu’une simple réponse aux situations déjà dégradées.
La dynamique observée concerne également les pratiques d’achat. La charte et le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables comptent désormais 3 080 organisations signataires, en hausse de 9 % sur un an, et 136 organisations labellisées, soit une progression de 14 %. Ces organisations labellisées représentent à elles seules 186 milliards d’euros de volume d’achat annuel, illustrant l’ampleur croissante de cette démarche dans les relations entre donneurs d’ordre et fournisseurs.
Selon le Médiateur des entreprises, cette dynamique de recours à la médiation s’est encore accentuée depuis le début de l’année 2026, dans un contexte économique marqué par des tensions persistantes sur la trésorerie de nombreuses entreprises et par une hausse des défaillances. L’institution s’appuie, pour traiter ces demandes, sur un réseau de plus d’une centaine de médiateurs présents sur l’ensemble du territoire, chargés d’analyser l’éligibilité des saisines et d’accompagner les parties vers une solution négociée. Une mission spécifique lui a par ailleurs été confiée par les pouvoirs publics auprès du secteur des transports de marchandises, particulièrement exposé aux difficultés de paiement et de trésorerie.
Les trois points clés à retenir
- Hausse historique des saisines : le Médiateur des entreprises a enregistré 2 101 demandes de médiation en 2025, soit une progression de 10,5 % par rapport à 2024, son plus haut niveau d’activité hors crise sanitaire, pour un taux de succès de 70 %.
- Le poids des tensions de paiement : les conditions de paiement restent le premier motif de saisine (27 %), tandis que les litiges avec l’administration et les différends hors contrat progressent fortement, passant de 7 % à 12 % des saisines.
- Une appropriation marquée par les TPE-PME : 80 % des saisines proviennent d’entreprises de moins de 25 salariés et la part des entreprises unipersonnelles passe de 29,1 % à 37,4 %, confirmant l’ancrage de la médiation auprès des structures les plus exposées.