Chaque année 13 millions de personnes présentent un trouble psychique en France, et plus de la moitié des Français déclarent avoir traversé un épisode de souffrance psychique au cours des douze derniers mois, précise le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Face à ce constat, le Gouvernement entend agir à plusieurs niveaux : lever les tabous, développer la prévention et le repérage, améliorer l’accès aux soins et accompagner les personnes concernées.
L’ampleur des risques psychosociaux en entreprise
Le monde du travail n’échappe pas à cette problématique. En 2023, les maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle ont connu une progression inquiétante, avec une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente d’après le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Par ailleurs, 12 000 accidents du travail étaient directement liés aux risques psychosociaux (RPS) dans le régime général[1]. Une réalité qui concernerait tous les secteurs d’activités et toutes les entreprises, indépendamment de leur taille.
Les obligations légales des employeurs
L’article L. 4121-1 du Code du travail établit clairement l’obligation pour l’employeur de préserver la santé physique et mentale de ses salariés. Comme pour tous les autres risques professionnels, l’employeur doit :
- mettre en place des actions de prévention des risques sociaux ;
- informer et former les collaborateurs ;
- mettre en place une organisation et des moyens adaptés.
Les risques psycho-sociaux doivent également être mentionnés dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
Les acteurs clés de la prévention
La protection de la santé mentale au travail mobilise plusieurs acteurs essentiels. Le comité social et économique (CSE), obligatoire dans les entreprises de 11 salariés ou plus, dispose de prérogatives spécifiques en matière de santé et sécurité au travail, avec une commission spécialisée (CSSCT) dans les structures de 300 salariés et plus. Les services de prévention et de santé au travail (SPST) assurent quant à eux le suivi médical des salariés, accompagnent les employeurs dans la prévention des risques professionnels et prennent en charge les salariés en détresse psychique en les orientant vers les structures appropriées.
Les trois points clés à retenir
- La santé mentale, grande cause nationale 2025, est un enjeu important en entreprise, où les maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle sont en hausse.
- L’employeur a l’obligation légale de prévenir les risques psychosociaux et doit les intégrer dans son document unique d’évaluation des risques (DUERP).
- La prévention en entreprise mobilise plusieurs acteurs (CSE, services de prévention et santé au travail).
[1] « La santé mentale : grande cause nationale 2025 », travail-emploi.gouv.fr, 04/07/2025.