Par rapport à l’édition précédente de l’enquête, la proportion de salariés considérant que les représentants du personnel (RP) retranscrivent fidèlement leurs aspirations progresse de 5 points pour atteindre 51 % en 2023. Dans le même sens, 41 % des salariés reconnaissent aux syndicats un rôle irremplaçable dans leur représentation, contre 37 % en 2017.
Le regard porté sur les syndicats a également évolué favorablement sur d’autres points : la part des salariés estimant que les syndicats font passer leurs propres intérêts avant ceux des travailleurs recule de 32 % à 29 %, et celle des salariés pensant qu’ils gênent les activités de l’entreprise passe de 18 % à 15 %.
Une perception fortement liée à la configuration de l’établissement
La présence ou l’absence d’instances représentatives du personnel (IRP) dans l’établissement constitue un facteur déterminant dans la perception des salariés. Ainsi, 59 % des salariés exerçant dans un établissement doté d’un délégué syndical jugent que les RP traduisent bien leurs aspirations, contre 56 % dans les établissements pourvus d’IRP élues sans délégué syndical, et seulement 23 % dans ceux dépourvus de toute représentation.
La taille de l’établissement joue également un rôle significatif : la propension à juger les syndicats irremplaçables est près de 2 fois plus élevée chez les salariés des établissements de 500 salariés ou plus que chez ceux des établissements de 50 à 199 salariés.
À l’inverse, la conviction de pouvoir se défendre seul diminue à mesure que la taille de l’entreprise augmente, passant de 48 % dans les établissements de 11 à 49 salariés à 31 % dans ceux de plus de 500 salariés.
Des nuances selon le profil des salariés
Les jeunes salariés de 30 ans ou moins affichent un profil plus sceptique vis-à-vis du rôle irremplaçable des syndicats. Ils se déclarent plus souvent en capacité de défendre directement leurs intérêts que les salariés plus âgés. Les cadres, pour leur part, portent une appréciation légèrement plus favorable que la moyenne sur la capacité des RP à traduire les aspirations des salariés et à influencer les décisions de la direction, mais se montrent un peu plus critiques à l’égard des syndicats.
Le point de vue des représentants de direction et du personnel
L’enquête recueille également les opinions des représentants de direction et des représentants du personnel, exprimées au niveau de l’établissement.
Du côté des représentants de direction, 79 % d’entre eux font état d’une opinion favorable sur la capacité des RP à retranscrire les aspirations des salariés. Les représentants du personnel expriment le même point de vue dans 96 % des établissements où ils sont présents.
L’appréciation des syndicats est plus contrastée : les représentants de direction les jugent irremplaçables dans 42 % des établissements, contre 62 % du côté des représentants du personnel. Les représentants de direction considèrent par ailleurs, dans 48 % des établissements, que les syndicats font passer leurs intérêts avant ceux des salariés.
Les trois points clés à retenir
- 51 % des salariés du secteur privé estiment que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations, soit une progression de 5 points par rapport à 2017.
- La présence d’instances représentatives du personnel et la taille de l’établissement sont les deux principaux facteurs influençant la perception des RP et des syndicats par les salariés.
- Si les représentants de direction jugent favorablement les RP dans 79 % des établissements, leur appréciation des syndicats reste plus nuancée : 42 % d’entre eux les considèrent irremplaçables.