L’enquête révèle que plus de neuf personnes actives sur dix estiment que des discriminations existent, parfois ou souvent, dans la sphère professionnelle. L’emploi demeure ainsi le premier domaine où les discriminations sont perçues et vécues, qu’il s’agisse du déroulement de la carrière ou de la recherche d’emploi, devant le logement, les services publics ou l’accès aux loisirs[1].

Sur le plan des expériences vécues, 35 % des répondants indiquent avoir subi un traitement défavorable ou discriminatoire au cours des cinq dernières années, fondé sur l’un des six motifs les plus couramment évoqués :  le sexe, l’âge, la grossesse ou les congés liés à la parentalité, l’origine ou la couleur de peau, la religion, l’état de santé ou le handicap. Parmi les personnes actives rapportant une discrimination selon ces critères en 2024, 21 % déclarent l’avoir vécu durant le déroulement de leur carrière et 14 % pendant leur recherche d’emploi.

Des publics particulièrement exposés

Les 18-24 ans ont deux fois plus de risque d’être victimes de discriminations que les 45-54 ans, aussi bien à l’embauche que dans le déroulement de leur carrière. Lors du recrutement, 42 % des personnes discriminées mentionnent l’âge comme motif.

Les données révèlent également une progression inquiétante des discriminations envers les femmes : dans le déroulement de carrière, elles présentent un risque deux fois supérieur aux hommes de faire l’objet de discriminations (contre 1,6 fois en 2016).

En parallèle, les personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines présentent un risque 2,8 fois supérieur d’être exposées à des discriminations à l’embauche que les personnes perçues comme blanches. En outre, les personnes non hétérosexuelles affichent désormais un risque 1,9 fois plus élevé à l’embauche, alors qu’aucune différence n’était constatée en 2016. Enfin, les personnes en situation de handicap présentent un risque 1,7 fois supérieur.

Par ailleurs, 34 % des personnes interrogées déclarent avoir été exposées à des propos ou comportements stigmatisants en entreprise en 2024, contre 25 % en 2016.

Un faible recours aux voies d’action

Seulement 12 % des victimes discriminées dans l’évolution de carrière et 4 % lors de leur recherche d’emploi déclarent avoir contacté une association, la Défenseure des droits, un avocat ou déposé plainte.

La Défenseure des droits préconise ainsi aux entreprises d’élaborer des plans d’action transversaux et pluriannuels contre les discriminations. Elle recommande également de consolider les politiques d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ainsi que les politiques de diversité.

Les trois points clés à retenir

  • 35 % des actifs déclarent avoir subi une discrimination au cours des cinq dernières années dans la sphère professionnelle.
  • Les jeunes, les femmes, les personnes perçues comme comme noires, arabes ou maghrébines, les personnes non hétérosexuelles et les personnes handicapées sont particulièrement exposés aux discriminations.
  • Dans ce contexte, la Défenseure des droits recommande des plans d’action pluriannuels et le renforcement des politiques d’égalité professionnelle et de diversité.


[1] « Emploi : des discriminations en hausse sur la période 2016-2024 », Vie publique, 12/12/25.