Une base de calcul unifiée et simplifiée

Jusqu’alors, les travailleurs indépendants fonctionnaient selon deux assiettes distinctes : l’une pour les cotisations sociales proprement dites, l’autre, plus large, pour la CSG-CRDS. Cette dualité rendait la détermination du montant dû complexe, en particulier à cause de la méthode dite « circulaire » selon laquelle chaque assiette influençait le calcul de l’autre.

Depuis l’ouverture de la campagne de déclaration des revenus 2025, en avril 2026, une assiette unique s’applique à l’ensemble des prélèvements. Elle correspond au revenu professionnel brut, après application d’un abattement forfaitaire automatique de 26 %, sans qu’il soit nécessaire de déduire préalablement les charges sociales de la base de calcul. Ce montant constitue désormais la référence commune pour l’ensemble des prélèvements obligatoires.

Un rééquilibrage en faveur des cotisations contributives

La réforme ne se limite pas à la simplification formelle de l’assiette. Elle apporte également une modification de la répartition des taux applicables : la part revenant à la CSG-CRDS recule, tandis que celle affectée aux cotisations sociales (retraite de base, assurance maladie-maternité, invalidité-décès) progresse en proportion. En pratique, le niveau global des prélèvements n’est pas alourdi : c’est leur ventilation interne qui évolue, avec pour effet une amélioration des droits individuels, notamment en matière de retraite.

Des effets concrets sur la trésorerie des indépendants

Le changement d’assiette peut générer des écarts par rapport aux montants provisionnels calculés sous l’ancien régime. La réforme s’applique aux cotisations définitives 2025, déterminées à partir des revenus réels déclarés lors de la campagne ouverte le 9 avril 2026, ainsi qu’aux acomptes provisionnels 2026 et aux années suivantes. Le montant résultant de la régularisation peut donc différer, à la hausse comme à la baisse, selon la situation propre à chaque contribuable.

Sont concernés par cette réforme les travailleurs indépendants hors micro-entrepreneurs, dont les règles ont fait l’objet d’un traitement distinct. Dans ce contexte, un suivi attentif des nouvelles modalités de calcul s’impose, en lien avec les organismes de recouvrement compétents (Urssaf, SSI), afin d’anticiper tout impact sur l’équilibre de trésorerie.

Les trois points clés à retenir

  • Assiette unique : depuis avril 2026, les cotisations sociales et la CSG-CRDS sont calculées sur une même base, le revenu professionnel brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 % –sans déduction préalable des charges sociales.
  • Rééquilibrage des prélèvements : la part de la CSG-CRDS diminue au profit des cotisations contributives, améliorant les droits à retraite et autres prestations, sans alourdissement du niveau global.
  • Attention à l’impact sur la trésorerie : la régularisation des cotisations 2025, calculée à partir des revenus réels déclarés en 2026, peut générer des écarts par rapport aux montants provisionnels antérieurs – un élément à anticiper dans la gestion la trésorerie.