Des conditions de travail marquées par l’âge et le niveau de qualification

En 2019, les salariés de moins de 30 ans ayant achevé leur formation initiale représentaient 3,6 millions de personnes, soit 15 % des salariés en France. L’enquête Conditions de travail 2019 de la DARES révèle que ces jeunes se distinguent de leurs aînés (30-49 ans) par des conditions professionnelles précaires, davantage marquées par l’insécurité professionnelle, l’exposition aux contraintes physiques et le manque d’autonomie.

L’insécurité professionnelle représente une source de difficultés importante. Les jeunes expriment plus d’incertitudes concernant leur avenir professionnel, pensant devoir changer d’emploi ou de qualification dans les trois années à venir. Ils estiment également moins probable d’exercer la même fonction jusqu’à la retraite, ayant peur de ne pas en être capables et en ayant moins envie que leurs aînés.

Sur le plan physique, les jeunes sont souvent plus exposés à des postures pénibles, au port de charges lourdes et au contact avec des produits dangereux. Ces contraintes concernent particulièrement les débuts de carrière, où les postes occupés nécessitent fréquemment des efforts physiques importants.

Concernant l’autonomie, les jeunes disposent de marges de manœuvre moindres dans l’organisation de leur activité que les salariés plus âgés, devant plus souvent appliquer des consignes strictes.

En revanche, les jeunes salariés apparaissent relativement protégés concernant d’autres dimensions : ils sont notamment moins exposés aux conflits de valeurs et à l’absence de reconnaissance que leurs collègues plus âgés.

Le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle, facteurs déterminants

Le niveau de diplôme constitue un facteur déterminant. Si les écarts selon la qualification n’impactent que faiblement le sentiment d’insécurité professionnelle, ils sont bien plus marqués pour les contraintes physiques et l’autonomie. Les jeunes les moins diplômés sont nettement plus exposés aux contraintes physiques et disposent d’une autonomie moindre que les diplômés de niveau bac+3 et plus.

La catégorie socioprofessionnelle influence également fortement les conditions de travail. Par exemple, les jeunes cadres sont moins exposés aux contraintes physiques que les jeunes employés et ouvriers. Les jeunes hommes sont particulièrement exposés aux contraintes physiques, mais les jeunes femmes sont plus exposées dans toutes les autres dimensions étudiées.

Les trois points clés à retenir

  • Les jeunes salariés de moins de 30 ans sont davantage exposés à l’insécurité professionnelle, aux contraintes physiques et au manque d’autonomie que les 30-49 ans.
  • Le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle influencent les conditions de travail, avec des écarts marqués concernant les contraintes physiques et l’autonomie.
  • Les jeunes salariés sont cependant moins exposés aux conflits de valeurs et à l’absence de reconnaissance que leurs collègues plus âgés.