Le management, un déterminant clé des conditions de travail
Les risques psychosociaux (stress chronique, épuisement professionnel, perte de sens) figurent parmi les principaux facteurs de dégradation de la santé au travail. Or, les retours de terrain convergent aujourd’hui : le soutien managérial, la qualité des relations au sein des équipes et les marges de manœuvre laissées aux salariés constituent des facteurs de protection déterminants. À l’inverse, un management prescriptif ou fondé sur le seul contrôle est susceptible d’aggraver les tensions et de fragiliser les collectifs.
L’Anact identifie ainsi les formes de management participatif – à savoir, celles qui favorisent l’écoute, l’autonomie et la régulation collective – comme des leviers majeurs d’amélioration de la qualité de vie au travail. C’est précisément ce lien entre pratiques managériales et conditions de travail que la Semaine pour la QVCT 2026 entend mettre en lumière.
Au-delà des qualités individuelles : un enjeu d’organisation
Le choix du thème « Manager, c’est tout un travail ! » porte un message clair : la valeur du management ne saurait reposer sur les seules compétences ou la bonne volonté des managers. Comme le souligne l’Anact, « il ne suffit pas de compter sur l’engagement individuel des manageuses et manageurs, ni sur leurs qualités personnelles ». L’enjeu est d’ordre organisationnel : il suppose de mettre en place des structures, des processus et une culture managériale qui portent réellement de telles pratiques.
Cela implique, par exemple, de clarifier le rôle des managers de proximité, de leur dégager du temps pour l’animation de leurs équipes et d’instaurer des espaces de discussion centrés sur le travail réel. Ces conditions supposent un investissement de la direction générale, ainsi qu’une articulation avec le dialogue social.
Un cadre légal qui ancre la QVCT dans l’organisation du travail
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 9 décembre 2020 et la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en sauté au travail, la QVCT ne se limite plus à des actions périphériques de bien-être (corbeilles de fruits, cours de yoga, etc.). Elle entend désormais s’ancrer dans les conditions réelles d’exercice, en se concentrant sur des éléments primordiaux comme la charge de travail, les rythmes, l’autonomie, le soutien managérial ou encore la qualité des relations professionnelles.
Dans cette perspective, le management de proximité apparaît comme un maillon essentiel, que ce soit pour réguler la charge de travail, détecter des signaux faibles de mal-être, et plus généralement pour adapter l’organisation aux réalités de terrain.
Un rendez-vous pour toutes les entreprises
La Semaine pour la QVCT 2026 proposera plusieurs temps forts : une conférence nationale le 15 juin, des webinaires thématiques sur la régulation du travail d’équipe, le rôle des managers dans le dialogue professionnel et les moyens de soutenir la fonction managériale. L’Anact mettra également à disposition un kit entreprises destiné à faciliter l’organisation d’événements internes.
À l’heure où les transitions numériques, écologiques et sociétales redéfinissent les modes de travail, cette édition invite les entreprises – quelle que soit leur taille – à s’interroger sur la place accordée au management dans leur stratégie de prévention et d’amélioration des conditions de travail.
Les trois points clés à retenir
- Le management sur le devant de la scène : la Semaine pour la QVCT 2026, organisée par l’Anact du 15 au 19 juin, place les pratiques managériales au cœur de la réflexion sur les conditions de travail, sous l’intitulé « Manager, c’est tout un travail ! ».
- Un enjeu organisationnel : améliorer la qualité du management requiert d’agir sur l’organisation du travail elle-même, que ce soit au niveau de la clarification des rôles, des espaces de dialogue ou du soutien de la hiérarchie – et non sur les seules compétences individuelles des managers.
- Une dynamique de proximité renforcée : en complément d’un cadre légal qui s’applique à améliorer les conditions réelles d’exercice du travail, la démarche QVCT veille à faire du management de proximité un levier central de prévention.