1,3 million d’entreprises dirigées par des femmes

Selon cette étude, initiée par la CPME et élaborée par Les Alfas de l’économie à partir des données publiques de 200 000 entrepreneures, les femmes sont à la tête de 1,3 million d’entreprises dans le périmètre micro-PME-ETI, ce qui représente un quart des entreprises de cette taille. Ces structures génèrent un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 403 milliards d’euros et emploient environ 1,62 million de salariés.

Toutefois, le rapport révèle une disproportion : alors que ces entreprises représentent un quart des structures, elles ne génèrent que 12,45 % du chiffre d’affaires total. Cet écart s’explique par un chiffre d’affaires moyen inférieur à toutes les tailles : 

  • 90 000 euros pour les microentreprises (contre 139 000 euros en moyenne, soit -35 %) ;
  • 4,3 millions d’euros pour les PME (contre 6,3 millions d’euros, soit -32 %), ;
  • 123,8 millions d’euros pour les ETI (contre 203,5 millions d’euros, soit -39 %).

L’étude note néanmoins que ces entreprises affichent une marge brute supérieure de 1,8 point en moyenne et sont donc plus performantes.

Par ailleurs, les travailleuses indépendantes constituent 42 % des effectifs, mais ne génèrent qu’un tiers des revenus produits par l’ensemble des travailleurs indépendants. 

Des obstacles structurels

L’analyse met en évidence plusieurs freins au développement de ces entreprises. L’accès au financement constitue le principal obstacle : 52 % des femmes dirigeantes en France le jugent difficile, soit 13 points de plus que la moyenne européenne. Cette difficulté se traduit concrètement dans les chiffres : les TPE dirigées par des femmes lèvent 25 % de crédits en moins que celles dirigées par des hommes, un écart qui se réduit néanmoins pour les structures plus importantes (-7 % pour les PME).

La complexité administrative représente un autre frein majeur, cité par 47 % des dirigeantes françaises (10 points au-dessus de la moyenne européenne). Les difficultés d’orientation dans les dispositifs d’aide publique concernent 49 % d’entre elles (9 points de plus que la moyenne européenne).

De plus, 53 % mentionnent la difficulté à concilier vie professionnelle et personnelle comme un obstacle majeur, soit 8 points de plus que la moyenne européenne.

Un potentiel de croissance économique

Le rapport estime que si les entreprises dirigées par des femmes atteignaient le chiffre d’affaires moyen de leur catégorie respective, cela représenterait un potentiel additionnel de 221 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel pour l’économie française.

Pour les travailleuses indépendantes, les écarts de revenus par rapport à leurs homologues masculins varient selon les secteurs : dans la santé, l’écart atteint 28 %, et dans le commerce 32 %.

Les trois points clés à retenir

Quatre freins majeurs sont identifiés en France : l’accès au financement, la complexité administrative, l’orientation dans les aides publiques et l’équilibre vie professionnelle/personnelle.

Les femmes dirigent 1,3 million d’entreprises (26 % du périmètre micro-PME-ETI) générant 403 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 1,62 million d’emplois.

Le chiffre d’affaires moyen des entreprises dirigées par des femmes est inférieur de 32 % à 39 % à celui de l’ensemble des entreprises de même taille, malgré une marge brute supérieure de 1,8 point en moyenne.