Une démarche ancrée dans l’expérimentation

Accidents du travail, maladies professionnelles, troubles musculosquelettiques, souffrance psychique : les conditions de travail des femmes restent insuffisamment prises en compte, souvent en raison d’organisations conçues sur des normes masculines. En avril 2025, l’Anact a lancé un appel à projets du Fact, le Fonds pour l’amélioration des conditions de travail, dédié à cette problématique. Sur 64 candidatures déposées, 14 ont été retenues, couvrant des secteurs variés[1]. Ces projets alimenteront un socle de méthodes et d’outils destinés à être partagés à l’échelle sectorielle. En parallèle, l’agence a identifié huit leviers d’action transposables à l’ensemble des entreprises.

Huit leviers pour améliorer la santé au travail

  1. Produire des données sexuées en santé au travail pour rendre visibles des risques jusqu’ici sous-documentés.
  2. Intégrer une évaluation différenciée des risques selon le sexe dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), en tenant compte des postes à prédominance féminine.
  3. Ajuster les équipements, le matériel et les cadences aux différences biologiques entre femmes et hommes.
  4. Adapter l’organisation du travail pour réduire l’exposition aux risques, notamment psychosociaux.
  5. Renforcer la prévention primaire des violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) en identifiant les postes et facteurs de risques.
  6. Construire des parcours professionnels limitant l’usure, en reconnaissant la pénibilité propre aux métiers à prédominance féminine.
  7. Prévenir les risques de désinsertion professionnelle liés aux questions de santé reproductive (grossesse, endométriose, cancer), en lien avec les services de prévention et de santé au travail.
  8. Mettre en place une organisation du temps de travail de qualité, combinant souplesse horaire, encadrement du télétravail et limitation des horaires atypiques.

Les trois points clés à retenir

  • Un diagnostic partagé : la dégradation des indicateurs de santé au travail des femmes appelle des réponses structurelles intégrant une approche différenciée selon le sexe.
  • Huit leviers identifiés : de la production de données sexuées à l’aménagement du temps de travail, l’Anact propose un cadre d’action avec huit mesures concrètes.
  • Une dynamique expérimentale : les 14 projets retenus dans le cadre du Fact alimenteront, d’ici 2028, un socle de méthodes et d’outils destinés à être partagés à l’échelle sectorielle.


[1] Anact – Santé des femmes au travail