Identifier les risques climatiques : première étape incontournable

Si la décarbonation reste prioritaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation constitue désormais un complément indispensable. Il s’agit d’anticiper l’ensemble des répercussions du changement climatique sur l’activité d’une entreprise, au-delà des seuls effets immédiatement perceptibles.

Le point de départ de toute démarche d’adaptation réside dans l’élaboration d’une étude de vulnérabilité. Celle-ci consiste à recenser les enjeux internes de l’entreprise (bâtiments, équipements, conditions de travail, chaînes d’approvisionnement) et à évaluer leur exposition aux différents aléas climatiques (vagues de chaleur, inondations, sécheresses, etc.). Les risques identifiés se déclinent en trois catégories principales :

  • les risques opérationnels, liés aux installations et aux dépendances aux réseaux d’eau, d’énergie ou de transport ;
  • les risques assurantiels, portant sur la capacité future à couvrir les actifs ;
  • les risques financiers, relatifs aux impacts sur les coûts et la compétitivité.

Structurer la démarche et monter en compétence

Le guide insiste sur la nécessité de piloter ce travail au niveau de la direction, en impliquant l’ensemble des fonctions de l’entreprise : maintenance, production, logistique, ressources humaines, finance et RSE. L’adaptation ne relève pas d’un projet ponctuel mais d’un processus continu, les effets du changement climatique étant appelés à s’intensifier et à évoluer dans le temps.

Les solutions d’adaptation ne sont pas standardisées : elles doivent être conçues sur mesure, en fonction des risques propres à chaque entreprise, de son activité et des caractéristiques de son territoire d’implantation. Le recours à un prestataire peut faciliter l’apprentissage méthodologique, mais le plan d’adaptation doit être élaboré et porté en interne afin de pouvoir être actualisé au fil du temps.

L’ADEME propose à cet effet un parcours en quatre étapes :

  1. Prise de conscience et décision d’agir
  2. Diagnostic de vulnérabilité
  3. Élaboration d’une stratégie assortie d’un plan d’action
  4. Suivi et évaluation.

Plusieurs outils gratuits ou à coût réduit accompagnent ces étapes, parmi lesquels l’autodiagnostic « Ma carto climat » développé par l’Association pour le management des Risques et des assurances de l’entreprise (AMRAE), la méthodologie OCARA pour PME ou encore le dispositif « Diag Adaptation » financé par l’ADEME et opéré par Bpifrance.

Une démarche collective et territorialisée

Le guide souligne également que l’adaptation ne peut être menée de manière isolée. La vulnérabilité d’une entreprise dépend aussi de la résilience des infrastructures publiques environnantes et de celle de ses fournisseurs. Des démarches collectives entre entreprises d’une même zone d’activité ou d’une même filière permettent de mutualiser les retours d’expérience et d’éviter les transferts de vulnérabilité. Plusieurs filières ont d’ores et déjà engagé l’élaboration de guides sectoriels, notamment dans la distribution, le tourisme, la chimie et l’agroalimentaire.

Enfin, des dispositifs publics de financement sont mobilisables : le Prêt Vert garanti par l’État, les aides du Fonds Chaleur-Froid ou encore les financements des Agences de l’eau pour les projets de gestion durable des eaux pluviales.

Les trois points clés à retenir

  • L’adaptation au changement climatique commence par l’élaboration d’une étude de vulnérabilité, permettant d’identifier les risques climatiques physiques pesant sur les installations, les conditions de travail et la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.
  • La démarche doit être pilotée au niveau de la direction, menée en interne pour garantir la montée en compétence, et s’appuyer sur les outils méthodologiques proposés par l’ADEME et ses partenaires.
  • L’adaptation est une démarche collective : elle implique une coordination avec les acteurs du territoire, les fournisseurs et les entreprises de la même filière, et peut bénéficier de dispositifs publics de financement dédiés.